Environnement
Les macro profits d’un micro projet
C’est très tôt ce dimanche d’août que Moussa Tine, secrétaire général de l’Association pour le Développement Intégré de Toubab Dialaw, essaie de mobiliser les femmes du village pour planter des arbres le long des rives de la lagune du quartier Ngondiop. Avec lui, environ 500 plants de Jatropha et Prosopis qu’il est urgent de mettre en terre avant qu’ils ne pourrissent.
Créée en 2007, sous l’impulsion des habitants de Toubab Dialaw, cette association de la communauté villageoise s’attache à restaurer la lagune de ce petit village de la Petite Côte situé à une quarantaine de kilomètres de Dakar. Ceci afin d’ériger la zone en réserve naturelle gérée par la communauté.
La lagune de Toubab Dialaw naît de la rencontre de la rivière Ndougoumou et de l’avancée de la mer. Sa biodiversité a presque totalement disparu en raison de la faible pluviométrie, du déboisement anarchique et plus récemment de l’invasion immobilière. En effet, Toubab Dialaw est un joli hameau qui, du fait de sa proximité avec Dakar, attire les touristes citadins à la recherche de villégiatures abordables. Depuis 10 ans, les villas secondaires se multiplient et sont parfois construites au-delà des 25 mètres à préserver autour de la lagune. Certains n’ont pas hésité à remblayer partiellement le lit lagunaire.
De plus, contexte économique oblige, en vendant les terrains autrefois consacrés à l’agriculture, les villageois sont tiraillés entre la possibilité de percevoir des rentrées de fonds immédiates et ce projet qui, bien que viable sera long à porter ses fruits.
Malgré cela, les membres de l’association s’activent. Les premiers arbres ont été plantés il y a déjà une année. Un pont a été aménagé, le lit dunaire a été recreusé. En septembre 2008, des cordons pierreux ont été posés pour favoriser l’infiltration des eaux de ruissellement. A chaque opération, il faut remobiliser les membres de l’association qui sont dans le même temps acteurs du projet. Il reste encore à réimplanter des palétuviers, et les variétés halieutiques.
Les femmes sont toujours au rendez-vous, même si leur nombre varie d’une fois à l’autre. Ce matin, il suffira pour mettre en terre tous les plants. Les hommes sont absents car, leur rôle est d’effectuer les gros travaux. Le succès global du projet dépend du degré d’implication de tous les habitants.